Cambodge,  Travel

Phnom Penh ou le plongeon dans l’histoire sanglante du Cambodge

Récit de nos 72h dans la capitale cambodgienne.

Nous arrivons à Phnom Penh en fin d’après-midi par bus depuis Krakor sous une fine pluie qui ne fera que s’intensifier au fil des heures et nous contraindra à passer notre première soirée au restaurant de notre hôtel, heureusement très agréable. Après une bonne nuit de repos, nous entrons dans le vif de l’histoire contemporaine du Cambodge, terriblement marquée par la domination des Khmers rouges qui ont décimé un quart de la population.

Nous attaquons une des visites les plus difficiles de notre séjour : le musée du génocide Tuol Sleng ou prison S-21 (5$ l’entrée + 3$ l’audioguide sur lequel on peut brancher 2 paires d’écouteurs). Cet ancien lycée a servi de centre de détention et de torture (le plus grand du pays) pendant la période des Khmers rouges. Entre 1975 et 1979, 17 000 personnes y ont été emprisonnées, torturées et parfois tuées. La visite est bouleversante et saisissante. L’audioguide disponible en français est très bien fait et nous accompagne dans les différents bâtiments où certaines salles sont restées quasi intactes suite au départ précipité du personnel. Quelques lits rouillés témoignent des atrocités commises ici. Le carrelage au sol porte les stigmates des litres de sang des victimes de torture. Les nombreuses photographies des prisonniers ne sont qu’une partie des archives brûlées lors de la chute des Khmers rouges. Il règne dans ce musée un calme, celui du recueillement, du silence, du respect, du mutisme que nous ressentons face à de telles atrocités.

Il était important pour nous de faire cette visite. C’est aussi ça voyager, essayer de comprendre le passé, la culture, l’histoire d’un pays, ce qui a façonné ses habitants, son territoire. Nous sommes restés 4h dans ce musée qui nous a complètement bouleversé, nous avions même du mal à nous parler. C’est incroyable de se dire que ce peuple a vécu ces atrocités il y a si peu de temps…

Nous avons donc poursuivi notre journée en nous baladant dans la ville, en tentant de nous reconnecter au monde moderne et de digérer cette éprouvante visite. Pour relâcher un peu la pression, nous avons même trouvé un bar à jeux pour y passer la soirée !

Le lendemain n’a pas non plus été de tout repos puisque nous avons visité le camp d’exécution de Choeung Ek ou Killing Fields (6$ l’entrée avec audioguide). C’est ici que les prisonniers de S-21 terminaient leur chemin de vie. Là aussi un audioguide disponible en français nous accompagne sur les chemins autour des champs jonchés de cratères. Face à l’entrée un immense monument au mort est rempli de centaines de crânes. La visite est tout autant éprouvante que la veille. Il règne ici un calme différent de celui de la prison, mais surtout une odeur que nous ne voulons pas définir. La terre travaille et rejette chaque jour des morceaux de tissus des vêtements des victimes abattues ici, des bouts d’ossements, des dents… Chaque mois les gardes doivent nettoyer les parcelles de ces restes humains dont la nature ne veut pas.

Après cette visite qui nous a bien chamboulée, nous avions initialement prévu de trouver un scooter à louer afin de continuer à nous éloigner de Phnom Penh au sud pour partir à la découverte du Tonlé Bati et du Phnom Chisor (on ne voulait vraiment pas louer un scooter dans le centre de Phnom Penh, la circulation y est trop chaotique !). Mais nous n’avions prévu ni la pluie ni le no man’s land autour des Killing Fields rendant notre recherche de location de scooter complètement infructueuse. Tant pis pour les temples, nous décidons de retourner au centre de la capitale pour visiter le Musée national du Cambodge dont nous avions eu de bons échos.

Les bâtiments qui abritent le musée datent de 1917-1920 et on peut y découvrir la plus grande collection de sculptures khmères au monde. Alléchant n’est-ce pas ? Et bien nous n’avons pas été conquis ! La collection est certes fournie, mais elle n’est pas mise en valeur. L’exposition des œuvres est franchement vétuste et il n’y a quasiment aucune information (heureusement que nous avions pris l’audioguide). Le prix d’entrée est également relativement cher (10$ par personne + 5$ pour l’audioguide). En bref, ce musée aurait besoin d’un bon coup de neuf !

Le musée propose également un spectacle de danses traditionnelles tous les soirs à 19h. Il y a trois catégories de sièges de 15$ à 25$ et le spectacle dure 1h. Nous avons passé un très bon moment, les costumes étaient superbes, les danseurs très bons et les lumières bien dosées. On vous le recommande !

Le soir nous faisons un tour au night market qui dispose d’un grand food court où beaucoup de cambodgiens viennent manger pour pas très cher.

Nous décidons de rester un jour supplémentaire à Phnom Penh histoire de nous reposer un petit peu. Notre hôtel est confortable et bien situé, et surtout il a une piscine (même si on ne trempe qu’une partie du corps à cause du plâtre et du pansement, on est quand même content de pouvoir barboter un peu). Nous nous baladons en ville en direction du Palais royal dont l’entrée est également à 10$… tout ça commence à faire trop cher pour notre budget serré. Nous profitons donc du grand parc devant le Palais royal où les pigeons ont droit à des festins !

Nous nous baladons le long du Tonlé Sap et croisons la pagode Ounalom où de nombreux chats ont élu domicile.

Nous faisons un tour au marché central, plus pour admirer le bâtiment que pour y faire des emplettes.

Nous terminons par un tour au monument de l’indépendance, devant lequel nous sommes régulièrement passés sans pouvoir s’y arrêter.

Ainsi s’achèvent nos 3 jours à Phnom Penh. Demain nous partons tôt en bus direction le nord-est du Cambodge : Kratie et ses dauphins de l’Irrawaddy !

Cap suivre nos conseils ?

  • Où dormir ? : Base Villa Guesthouse (16$ pour chambre avec sdb privée et clim) très sympa, bien placé, avec piscine et restaurant à prix correct
  • Visites immanquables à Phnom Penh : le musée du génocide et le camp d’exécution, mais sachez que ça plombera bien votre journée (ou alors vous avez un cœur de pierre 😊)
  • Attention Phnom Penh n’est pas vraiment facile pour les piétons
  • Grab (équivalent d’Uber en Asie) est très pratique pour les déplacements et pas besoin de marchander avec les chauffeurs de tuk-tuk !
  • Il y a également un bon réseau de bus municipaux à 1 500KHR le trajet (0,33€)

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