Thaïlande,  Travel

Chiang Mai la maudite

Pourquoi la maudite ? On vous dit tout dans cet article.

Nous prenons le bus en milieu de journée depuis Sukhothai pour rejoindre Chiang Mai, la deuxième ville la plus importante du pays. Le trajet est assez long et la route assez ondulée, on décolle régulièrement de nos sièges. Nous nous prenons même une belle grosse averse qui s’étend jusque l’intérieur du bus ! Oui oui il pleuvait DANS le bus. Nous arrivons à Chiang Mai à la tombée de la nuit et nous nous dirigeons vers notre guest house que nous avons choisi dans le centre de Chiang Mai pour pouvoir profiter facilement à pied des principaux sites à visiter. Nous séjournons donc au Manee House où le taxi collectif nous déposera pour 50Bath par personne mal négociés (1,4€). Faut qu’on s’y mette…

Dès le premier soir on profite d’aller se balader au fameux Night Market qui est tellement fameux que maintenant tout autour du night market initial, on retrouve des night markets parallèles et ça déborde sur toutes les rues alentour. C’est assez sympa de se balader dans toutes ces échoppes mais rapidement ce sont toujours les mêmes choses qui sont vendues partout. On se pose pour manger dans un food court très sympa et nous aurons tous les 2 les yeux plus gros que le ventre ! Mélissa commande à un stand vegan deux plats différents et un pour Xavier qui commande aussi une dizaine de gyozas sur un stand spécialisé dans les… gyozas (oui un bon point pour ceux qui avaient trouvé). Sauf que les gyozas en question ne sont pas les versions frêles et chétives que nous avons en France, mais du bon gros gyoza de compétition ! Enfin on arrive à finir nos délicieux plats pendant qu’une grosse averse de 10 minutes trempera le reste du night market.

Le lendemain on part faire la tournée des temples du centre de Chiang Mai et se renseigner pour faire une excursion avec les éléphants. On passe par le Wat Chiang Man puis le Wat Phan Tao dans lequel on découvre une vingtaine de thaïlandaises en costume blanc en train de se coiffer et se préparer. C’est drôle mais on se demande surtout qu’est-ce qu’elles préparent ces dames blanches ! On va rapidement découvrir que nous sommes tombés le jour de l’ouverture du Inthakin City Pillar Festival, une festivité qui dure une semaine, célébré au Wat Chedi Luang (le wat juste à côté) et qui a pour but de demander la pluie pour les futures récoltes. Comment ? En arrosant Bouddha et en faisant des offrandes bien sûr ! Nous découvrons le Wat Chedi Luang sous un côté festif, il y a même un défilé qui se prépare et auquel nous allons assister ainsi qu’un podium avec des animations pour la fin d’après-midi (surtout des danses et de la musique). Encore une fois nous avons un parfait timing complètement imprévu ! Nous finissons notre tour de ville par le Wat Phra Sing avant de retourner profiter des festivités au Wat Chedi Luang. Leurs offrandes ont porté leurs fruits puisqu’il se met à pleuvoir pendant une trentaine de minutes !

Les excursions d’éléphants à Chiang Mai

Beaucoup de questions se posent autour de ces activités de « rencontre » avec les éléphants. Avant les éléphants étaient souvent maltraités pour les assouvir à l’homme et leur faire accepter de supporter des palanques de plus de 100kg sur le dos avec des touristes à trimballer. Si on se renseigne même sur comment ces bêtes étaient domptées ça fait vraiment froid dans le dos donc impossible pour nous de cautionner ça. De plus en plus les thaïlandais l’ont bien compris ils se tournent vers des rencontres avec des éléphants qui respectent ces animaux c’est-à-dire qu’on ne monte pas dessus et on est surtout là pour les observer et les nourrir. Mais vu le nombre de propositions disponibles (surtout à Chiang Mai), il y a ceux qui se sont reconvertis (c’est-à-dire que ce sont les mêmes personnes qui maltraitaient les éléphants avant qui proposent à présent des excursions « on ne maltraite pas les éléphants, on ne les monte pas, on est des gentils »), il y a ceux qui se sont créés comme ça et il y a ceux qui font semblant de prendre soin des éléphants quand il y a des touristes uniquement. Naïvement on s’était aussi dit « le meilleur moyen de ne pas cautionner la maltraitance des éléphants c’est de ne pas participer à ces activités » mais beaucoup de tribus montagnardes vivent de ce tourisme, leur couper les vivres n’est pas la solution car ils auront toujours leur(s) éléphant(s) à charge et du coup plus d’argent pour s’en occuper (parce qu’un éléphant coûte cher à entretenir).

Une amie de Mélissa nous a recommandé l’organisme le plus connu et respecté : « Elephant Nature Park ». C’est l’une des premières réserves de Chiang Mai qui récupère les animaux blessés et anciennement maltraités (ils accueillent aussi des buffles d’eau, des chiens et des chats, un vrai refuge quoi !). Ils ont tellement bonne réputation qu’ils se sont étendus et prennent à présent sous leur aile de nombreuses familles de tribus montagnardes qui ont toujours vécu avec leurs éléphants afin de proposer d’autres excursions plus “nature” que la visite de leur réserve. On choisit cette deuxième option et nous voilà partis pour la journée direction une famille de la tribu Karen qui s’occupe de 3 éléphants : Bua Keao (femelle de 35 ans), Mae Keao (femelle de 30 ans gestante) et sa fille Keao Dee (6 ans). Avant d’être rachetées par la tribu, les deux adultes trimballaient des touristes sur leurs dos et la petite était une attraction de cirque. A présent, elles vivent en liberté dans les montagnes.

Puisque nous sommes en low season, nous avons la chance de n’être que 4 personnes à partir à la rencontre de la tribu et de leurs éléphants. Un moment privilégié en petit groupe s’annonce… avant de rencontrer le photographe du groupe qui passera sa journée à nous interpeller pour qu’on regarde son objectif… Première activité : nourrir les éléphants à coup de régiments de bananes. Elles nous attendent sagement derrière leur barrière, on sent qu’elles ont l’habitude et que tout est bien rôdé. Elles engloutissent nos bananes à grande vitesse et on reste un peu sur nos gardes pour ce premier contact. Comme on est un peu stressé du sort de ces « petits » éléphants on fait attention, on les observe pour voir s’ils n’ont pas de marques, de traces de cordes etc. ils ont l’air en bonne santé (malgré quelques tics, restes de leur ancienne vie en captivité) et de toute la journée ils seront bien traités.

Après avoir mangé toutes leurs bananes, nous partons faire un petit tour avec les éléphants et leurs humains dans la montagne. Là aussi on sent que le chemin est bien rôdé, les éléphants savent exactement où aller mais elles avancent à leur rythme. On est tombé sur des bavardes puisqu’on va les entendre barrir souvent et sur toutes les tonalités. Passée cette petite marche, le trio d’éléphants reste dans la forêt pour continuer à se nourrir pendant qu’on va faire de même (plats végétariens au menu, c’est pratique pour Mélissa !). Après le déjeuner, nous apercevons les éléphants revenir de la montagne direction le bain de boue, pour tout le monde forcément puisque la boue nous arrive aux genoux et que la tribu d’ici aime bien jouer à balancer de la boue sur tout le monde. Une fois recouverts de boue (humains et animaux), nous nous dirigeons vers la rivière juste à côté pour rincer tout le monde. L’eau est froide mais les rires fusent. On trouve le moment privilégié avec les pachydermes qu’on est venu chercher. De retour au campement, nous donnons des épis de maïs aux éléphants (leur nourriture préférée) et c’est déjà l’heure de leur dire au revoir. Nous observons les éléphants partir seuls dans les montagnes et retrouver la liberté dont elles semblent jouir.

Nous avons adoré passer cette journée avec les éléphants, c’était impressionnant de pouvoir côtoyer d’aussi près ces majestueux animaux, les toucher, les caresser, les frotter, les nourrir. Néanmoins on a ressenti un peu le côté « usine à touriste » qu’on ne voulait pas ressentir. Entre le (très sympa) photographe qui disait « Miss, look at me ! » toutes les 5 minutes, la routine journalière à laquelle sont trop habitués les éléphants et les humains qui ne leur laissent pas vraiment le choix d’aller se promener sur tel chemin ou d’aller dans la boue parce que ça fait partie du « package » vendu aux touristes… on reste un peu dubitatif sur le concept. C’est toujours bien mieux et bien plus respectueux que de les monter, mais ça reste de l’exploitation animale. La moitié des 2500Bath que chaque personne a payé va à la tribu pour contribuer à l’entretien des éléphants, l’autre moitié à Elephant Nature Park.

Le lendemain matin, nous louons un scooter directement à la guesthouse (200Bth) pour aller voir le Wat Doi Suthep. Nous nous arrêtons au Wat Pha Lat en chemin, petit temple paisible dans les montagnes, loin de la foule de touristes qui vont au Doi Suthep.

Le Wat Doi Suthep est un des temples les plus connus de Thaïlande qui se situe sur une colline qui domine Chiang Mai. Une montée de 300 marches bordée de Nagas nous conduit à ce très beau temple d’où l’on pourra admirer non seulement la vue mais aussi des Bouddhas colorés dans son magnifique ubusot.

Nous continuons notre chemin jusqu’au Bhubing Palace, une des résidences royales, qui possède un superbe jardin de fleurs mais les gardes nous refusent l’entrée à cause du short de Xavier. C’est pantalon obligatoire pour les hommes ! Tant pis pour nous. Après un encas nous voilà repartis pour une longue route en direction de la plantation de thé Araksa située à 60 kilomètres au nord de Chiang Mai.

Et là c’est le drame sur la route à quelques kilomètres de notre arrivée, nous glissons en scooter tous seuls comme des grands sur les graviers du bord. Heureusement on ne roulait pas très vite. Mélissa s’écorche le genou et Xavier amortit la chute avec sa main droite en ayant quelques égratignures. Un thaïlandais qui passait par là nous aide gentiment à nous relever, on regarde nos bobos et on se dit que ça ne nous empêche pas d’aller faire notre visite. On remonte donc sur le scooter pour arriver quelques minutes après à Araksa.

A l’arrivée le personnel ADORABLE est au petit soin pour nettoyer nos égratignures puis on profite tranquillement de la visite des plantations en groupe de 2, c’est-à-dire uniquement nous 😊 On apprend énormément de choses sur comment on récolte le thé, comment on le sèche, comment on obtient du thé vert ou du thé noir ou même du thé blanc.

Pour schématiser, le thé blanc – qui est le meilleur thé car on prend uniquement une partie de feuille qu’on récolte (la meilleure partie) – est le moins fort en théine, le thé vert est un bon thé puisqu’on met la feuille en entier – c’est le thé « de base ». Le thé noir lui est le thé le moins « fin » puisqu’on met aussi les branches, il a donc un goût beaucoup plus fort et amer.

Après l’apprentissage, et la visite des quelques machines utilisées sur la plantation (mais il y en a très peu, le gros du travail est fait à la main, elles sont souvent pour le thé noir qui demande moins de finesse) c’est la dégustation ! Un régal ! On a adoré ce moment (malgré nos bobos) et apprendre comment on fait le thé, c’était un moment hors du temps et passionnant. On ne peut que vous le conseiller !

Nous reprenons le scooter direction Chiang Rai sous quelques épisodes pluvieux et avec pas mal de circulation et nous décidons de nous rendre aux urgences pour vérifier que tout va bien pour le bras de Xavier dont le poignet avait bien enflé. L’hôpital Ram de Chiang Mai est extrêmement moderne, on est pris directement en charge par des infirmières en uniforme sorties des années 1920 puis l’orthopédiste nous reçoit et semble confiant sur l’absence de fracture après auscultation. Il nous propose de faire des radios pour être sûrs (pour une fois qu’on paie une assurance qui va nous servir !), 20 minutes après retour chez l’ortho avec les radios et la sentence tombe : petite fracture du radius. On pâlit et on voit défiler en un quart de seconde tout notre voyage qui nous attend et qu’on ne pourra peut-être pas continuer… Pas besoin d’opérer (ouf !) mais il faut immobiliser le coude pendant 30 jours avec un plâtre… finalement une coque en résine devrait suffire… c’est mieux mais ça va un peu handicaper Xavier pour la suite du voyage. On prend ça avec philosophie, le voyage peut continuer et Xavier ne doit pas subir d’opération. C’est embêtant mais ça ne nous empêche pas de continuer ! Il vaut mieux un bras dans le plâtre qu’une jambe après tout 😆

Au passage on remercie le docteur qui était très sympa et qui nous a raconté avoir fait un voyage à Paris l’an dernier : il a trouvé que les parisiens étaient pas très sympa ni souriant, du coup comme on est parisien il est plutôt étonné qu’on soit sympa et souriant. Il nous demandera même une petite photo ensemble après avoir résiné le bras de Xavier.

On quitte l’hôpital avec une facture de 217€ et après seulement 1H30, ce qui nous a semblé rapide entre les radios et le résinage. On aura visité une partie inédite de la Thaïlande : son système de santé !

On rentre se coucher car demain nous partons tôt pour Chiang Rai. C’est pas un bras cassé qui va nous arrêter !

Cap suivre nos conseils ?

  • Wat Doi Suthep (30Bath / 0,9€) se fait très bien en scooter, la circulation n’est pas excessive à Chiang Mai vous pouvez en profiter (oui je sais on dit ça alors qu’on a eu un accident mais c’est uniquement ma faute on était seul sur la route qui n’était pas spécialement mauvaise)
  • On vous recommande l’hôpital Chiang Mai Ram qui semble assez neuf, qui regroupe tous les spécialistes et qui nous a semblé très pro
  • La plantation de thé Aksara (500Bath l’entrée / 14,3€) est un peu éloignée de Chiang Mai mais l’endroit est beau, serein, les personnes qui y travaillent et font la visite sont d’une grande gentillesse et leur thé excellent. On vous le conseille fortement.
  • Pour les éléphants, à vous de voir selon vos convictions, il nous a semblé que la tribu que nous avons visitée prenait soin de leurs éléphants. Nous avons fait le Karen Elephant Habitat via l’Elephant Nature Parc. Cette activité a quand même un prix : 2500Bath (71,5€), on a tenté la négociation mais c’était un non ferme et définitif (ce qui nous a semblé être un gage de sérieux mine de rien)
  • Nous logions au Manee House à 416Bath la nuit (11,9€) pour une chambre avec salle de bain et clim, l’hôtel est correct et bien placé dans le centre de Chiang Mai avec petite piscine (mais n’y allez pas pour la piscine)

4 commentaires

  • Monseigneur JEFF

    alors voila on vous laisse seuls avec un scooter et hop c’est la glissade !!! bon Xavier sois raisonnable, je t’envoie un hélicoptère pour t’exfiltrer avec ton plâtre ! heureusement tu as une souriante infirmière à tes cotés. Avantage plus de sacs à porter. pour la conduite par contre….. prends un chauffeur ! on croise les doigts pour le reste de l’aventure ! bises de Jeff

  • Rémy CHOUFFOT

    Aie aie aie, un raté sur le jet de conduite 😀

    Mais belle esquive pour vous rattraper! Heureusement que l’aventure finie bien!

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