Cambodge,  Travel

Battambang 0 – Krakor 1

Avant de rejoindre Phnom Penh, nous décidons de longer le Tonlé Sap et de nous arrêter à Battambang, ancienne ville coloniale, puis au village flottant de Kompong Luong.

Après un très (trop) long trajet de bus pour parcourir les 170km qui séparent Siem Reap de Battambang, nous arrivons dans la deuxième ville du pays sous une pluie torrentielle. Une fois nos sacs posés à l’hôtel, nous faisons un petit tour de la ville et du marché en pleine fermeture. Le lendemain nous décidons d’explorer les environs en scooter. Nous commençons par partir au nord voir les artisans. On vous dira que c’est très compliqué à faire par vous-même et qu’il faut y aller en tuk-tuk mais on a besoin de faire une pause entourloupe de tuk-tuk après Siem Reap et avec pas mal de recherches sur internet, on trouve toutes les informations.

Nous commençons par découvrir les artisans du bamboo sticky rice, un délicieux snack apprécié des cambodgiens. Le riz gluant est cuit à la vapeur plusieurs heures pendant la nuit avant d’être mélangé avec des fèves de soja et du lait de coco frais. Le tout est ensuite fourré à l’intérieur d’un morceau de bambou et cuit au-dessus du feu pendant une à deux heures. La cuisson permet aux fèves de soja d’être tendres et au riz d’absorber tout le lait de coco. Pour éviter que le mélange ne soit trop sec, on met une feuille de banane sur le dessus. Une fois cuit et refroidi, la couche extérieure noircie du bambou est pelée au couteau et on peut l’éplucher comme une banane et déguster l’intérieur. Un vrai régal ! Pour une fois en Asie du Sud-Est, il n’y a pas de plastique ! Les écorces de noix de coco servent aussi à alimenter le feu. C’est que c’est presque écolo tout ça 😉

Nous continuons notre exploration vers les fabriques de feuilles de riz. La plupart des feuilles de riz sont aujourd’hui confectionnées dans des usines mais quelques familles dans les environs de Battambang continuent de les faire à la main. On laisse tremper le riz dans de l’eau pendant une nuit. Le lendemain, on l’égoutte puis il est mélangé à de l’eau salée (pour la conservation). La mixture est ensuite étalée en forme de disque sur un tissu tendu au-dessus du feu puis le disque est posé sur un morceau de bambou avant d’être disposé sur un grand grillage de bambou. Les disques sèchent ainsi pendant deux heures au soleil. Malheureusement nous n’avons pas pu déguster de rouleau de printemps, certaines maisons en cuisinent pour les touristes venus visiter mais sûrement pas en basse saison.

A présent direction l’alcool de riz ou rice wine, dont l’ingrédient principal est… le riz bien sûr ! Auquel on ajoute des épices (et chaque artisan a son propre dosage) : poivre, cardamome, grains de coriandre, anis étoilé, ail, gingembre… Ce mélange est ajouté au riz puis fermente pendant plusieurs jours avant de passer dans de grandes étuves pour la distillation (dont le feu est alimenté par les écorces de riz). La première distillation est à 50-60° d’alcool tandis que la deuxième tourne autour de 18-30°. Forcément on a goûté ! (Xavier a été plus téméraire que Mélissa)

Sur le retour vers Battambang, nous marquons un arrêt dans la seule maison que nous trouvons qui fabrique des feuilles de bananes séchées. Une femme nous invite à venir l’observer tandis qu’elle regarde son feuilleton en pelant les petites bananes sucrées avec son couteau aiguisé. Elle place les fines lamelles de bananes sur des supports en bambou d’un mètre de long en les faisant se chevaucher légèrement. Une fois le support rempli, les bananes sèches au soleil pendant un jour, puis elles sont mises en sachet et prêtes à être achetées et dégustées. Un vrai régal ! Elle faisait aussi une sorte de confiture de mangue et de jackfruit (ou jaquier) qu’on a aussi testées !

Après un bon déjeuner à Battambang au HOC Cafe (où nous avions dîné la veille), direction le sud. Nous commençons par le temple Phnom Banan et ses 358 marches à monter. On avait lu que le billet d’entrée était combiné avec le Phnom Sampeau mais c’est faux (ou alors on s’est joué de nous). 2$ par personne pour avoir le droit d’admirer le temple pré-angkorien et la vue d’en haut. Après avoir visité Angkor, ce temple ne suscite pas en nous d’émerveillement particulier. Quant à la vue sur les rizières environnantes, elle est superbe mais il faut parvenir à la contempler entre les branches des arbres, elle n’est pas dégagée.

Le Lonely Planet nous indique des grottes à quelques mètres de là, nous tentons de les trouver, en vain (il n’y a aucune indication). Nous reprenons donc notre scooter direction le Phnom Sampeau. Afin d’éviter de remonter sur Battambang, nous coupons à travers les champs de rizières sur une route de terre. Les paysages sont sublimes. Arrivés en bas de la colline (à partir de ce moment-là nous avons compris que Phnom voulait dire colline 😊), on se fait arrêter pour aller chercher un billet d’entrée, et de nouveau 2$ par personne à débourser… On n’a pas le temps de trop discuter car il nous reste pas mal de choses à voir avant la tombée de la nuit et le clou du spectacle. Nous montons donc au temple Phnom Sampov où de nombreux singes ont élus domicile. Nous nous baladons dans les différents niveaux et même dans la grotte qui abrite un Bouddha.

Il est déjà l’heure de foncer à notre dernier arrêt : la Bat Cave. Chaque soir, des centaines et des centaines de chauves-souris sortent de leur grotte pour partir à la chasse. Leur sortie dure plus d’une heure et elles sont si nombreuses qu’elles créent comme un nuage (malheureusement ça ne rend pas grand-chose en photo 🙁). A notre grand regret, nous devons faire l’impasse sur les Killing Caves, un temple qui a été le lieu de nombreux meurtres durant la période des khmers rouges.

Il n’y a aucune indication pour trouver la Bat Cave, on tourne en rond, on descend des marches pour les remonter et on finit par trouver… un endroit rempli de chaises en plastiques pour les touristes, au bord de la route passante, face à d’immenses panneaux de construction. Et derrière, la montagne et la fameuse Bat Cave… On déchante carrément face à ce spectacle (et on se rend compte que le contrôle en bas de la colline est parti et que si on était arrivé 5 minutes après on n’aurait pas eu à payer pour voir que la moitié de ce qu’on voulait voir… bref). Le site devrait être beau une fois les travaux terminés mais perdra vraiment son charme naturel (ils sculptent à même la montagne deux énormes statues de Bouddha). Heureusement l’incroyable ballet des chauves-souris nous subjugue et fait redescendre la pression.

Le lendemain nous décidons d’explorer la ville et son architecture coloniale. Munis du plan élaboré par KA Architecture Tours (en téléchargement gratuit) nous arpentons les rues sous un soleil de plomb. Le plan n’étant pas très précis et datant d’il y a 10 ans, nous ne savons pas forcément si nous observons les bons bâtiments. La visite ne nous emballe pas (alors qu’on aime bien ça normalement !) et nous souffrons de la chaleur donc nous décidons de couper court. Peut-être que nous sommes passés à côté du charme de cette ville mais Battambang ne nous laisse pas un souvenir impérissable, on ne vous conseille pas forcément de vous y arrêter. Les alentours sont jolis mais vous pourrez trouver les mêmes paysages ailleurs au Cambodge.

Comme nous n’avons encore rien pu faire sur le Tonlé Sap, l’immense lac qui évolue au fil des moussons (il passe de 3000km² à 13000km² !) , nous décidons de nous arrêter en chemin vers Phnom Penh à Krakor, une petite ville en bord de route, porte d’accès au charmant village flottant de Kompong Luong. Il faut faire signe au chauffeur du bus quelques mètres avant l’arrivée à Krakor pour lui signifier que vous voulez descendre, car les bus ne s’arrêtent pas forcément ici. Nous posons nos sacs à la Paris Guesthouse (pour nous rappeler la maison) et nous comprenons de suite que nous avons changé d’atmosphère ! La compréhension est très compliquée avec les gérants et dans la rue, tous les enfants nous sourient et nous disent « Hello ! » (même des adultes). Le voilà le fameux sourire cambodgien franc et chaleureux !

Nous faisons un tour au marché et nous commençons à nous dire que dîner sera un challenge face aux problèmes de communication. Puis nous tombons par hasard sur le seul européen de Krakor : Felix, un allemand en voyage tombé amoureux d’une cambodgienne il y a quelques mois et qui a élu domicile ici. Nous nous installons dans l’échoppe de sa fiancée pour dîner et discuter avec lui. On a eu de la chance de le croiser !

Le lendemain nous louons les services d’un chauffeur de tuk-tuk pour nous emmener à l’embarcadère de Kompong Luong. Après une féroce négociation, nous faisons l’aller-retour pour 4$. La route est pleine de cailloux et chaque mètre carré de terre est pollué par du plastique… Les 10 minutes de trajet paraissent longues pour nos fesses, mais les sourires et les « Hello ! » des enfants nous ravissent. Kompong Luong est un village flottant sur le Tonlé Sap qui se situe entre 1,5 et 6km de Krakor en fonction du niveau de l’eau. Pour le moment l’eau est très basse. Nous embarquons donc sur un bateau à moteur destiné aux touristes, mais en remplissant le registre on voit que nous sommes les 6ème et 7ème touristes depuis plus de 10 jours donc on est très loin des visites des villages flottants qu’on peut trouver du côté de Siem Reap.

Nous naviguons une heure entre les maisons du village. Le ciel est dégagé et le soleil rend les couleurs des maisons encore plus vives. Les habitants font tout avec et autour de l’eau : pêche, baignade, toilette, lessive, vaisselle, transport… ils vivent avec l’eau et le plastique qui y flotte. A Kompong Luong il y a des commerces, des ateliers (réparation de bateau et de moteurs, confections en tous genres), des maisons qui font sécher le poisson sur le toit, des chiens, deux pagodes, une église, une école et de très nombreuses plantes.

On aurait aimé y rester la nuit (il y a 3 homestay à Kompong Luong) mais nous sommes arrivés trop tard la veille à Krakor. On a adoré cette visite, le sourire des habitants, le calme (quand il n’y a pas de bateau à moteur qui passe), la vue sur l’immense lac dont on ne voit pas le bout. Nous nous sommes sentis très privilégiés de pouvoir assister à leur manière de vivre sur le lac.

Nous reprenons la route de Krakor, après un petit tour au marché nous attrapons un bus direction la capitale Phnom Penh. Changement de décor garanti ! Nous avons adoré faire cet arrêt à Krakor et découvrir les habitants autrement, nous vous le recommandons vivement !

Cap suivre nos conseils ?

A Battambang

  • Nous avons logé au Royal Hôtel (8,25$ pour chambre avec sdb et clim), correct et bien placé, avec jacuzzi sur le toit (malheureusement fermé à notre passage)
  • Pour manger, le HOC Cafe (Hope Of Children) est vraiment bon, ils servent des plats khmers à bon prix et les bénéfices servent à financer des projets aidant à scolariser les enfants cambodgiens
  • Pour faire un tour des artisans au nord de la ville, nous avons trouvé toutes les informations sur ce site

A Krakor

  • Tentez l’aventure du homestay sur une maison flottante de Kompong Luong, on a lu des récits qui donnaient envie
  • Nous avons logé au Paris Guesthouse (7$ pour chambre avec sdb et ventilateur), chambre correcte, personnel non anglophone
  • Pour vous arrêter à Krakor depuis Battambang et ensuite aller à Phnom Penh (ou inversement), il faudra payer le billet de bus du trajet entier Battambang-Phnom Penh deux fois, soit 12-13$ au total par personne

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